Chiquimula .
Ce n' est pas tant à cause de la ville, mais des gens. C' est ce que l' on peut faire de plus méprisant, et pas seulement à l' égard des indiens, d' arrogant, de violent, de sans gène; ce sont les qualificatifs qui me manquent pour dire à quel point ces gens m' ont donné la nausée. Jamais à travers le monde, ou je suis passé, je n' avais connu un tel niveau d' abjection. Il est vrai que ce n' est pas partout que se rassemblent en si grand nombre, trafiquants de drogue et grands propriétaires terriens.(je ne parle que de ceux de ce pays et vous invite à lire le livre de Rigoberta Menchû cité dans la page précédente)
Si, comme moi, vous avez la chance (!) d' être dans cette ville pour l' élection de miss Chiquimula, rendez-vous, pardon, je veux dire, allez dîner au "Las Vegas", (ça ne s' invente pas). Là vous pourrez voir sans être vu, puisque personne ne daigne jeter un oeil sur vous, une table de notoriétés locales, messieurs endimanchés, mesdames en gants "beurre frais", prendre l' apéritif avant de gagner l' étage supérieur pour le dîner et, une table à coté, une vingtaine de porte-flingues, assurant la sécurité des premiers.
En sortant dans la rue, vous verrez passer quelques BMW ou autres Mercédes, rouges, jaunes, de toutes façon bien visibles, conduite par les fistons des précédents,accompagnés de fifilles de "bonne famille"...
Ce que je vous invite à regarder, ce sont les indiens qu 'ils croisent ou dépassent ; aucun ne lève les yeux vers eux, comme s' ils craignaient que cela passe pour de la provocation. Quand nous sommes montés ensuite vers Copan, nous avons d' abord vu ce type de comportement lorsque les indiens (ou les indigènes ?) voyaient notre voiture arriver, mais près de la frontière, des jeunes ont lancé des cailloux sur elle. Ceci en disait long sur leurs conditions de vie dans ce coin et leur colère trop retenue par la peur.
Pour en finir avec Chiquimula, en rentrant à l' hôtel vers 22 h, plusieurs voitures étaient sur le parking, sono à fond et, lorsque vers minuit nous avons formulé le souhait de dormir un peu, ce sont les T. V. qui ont repris le relais dans les chambres. Enfin à 5 h du matin, réveillé en sursaut par des coups de feu, je sors pour constater que 3 clients
de l' hôtel s' exercent au tir au revolver à coté du parking !!! Charmants garçons, à qui il valait mieux ne pas faire de réflexion, vu leurs regards, si je ne voulais pas prendre de plomb.
J' ai su ce jour là que je pourrais tuer.